Il conduirait à des pertes de 9 à 12 millions d’euros par an

Le projet présenté dans le rapport Progexa comporte des hypothèses de départ largement erronées


1. Des chiffres incertains et peu détaillés

Dans la synthèse de son rapport d’étape, Progexa prétend que le site serait à l’équilibre avec une production de 1000 tonnes par an. Selon ce rapport, 1000 tonnes donneraient un chiffre d’affaires net de 43,5 M€ et une marge nette « de l’ordre de 35% » pour « couvrir les coûts commerciaux, de structure et de publicité ».

Ce calcul appelle plusieurs remarques :

- Tout d’abord, il ne constitue, de l’aveu même de Progexa dans son rapport d’étape, « absolument pas un scénario éventuel de toute reprise d’activité » (page 30)

- Aucune information claire n’est fournie sur l’origine du chiffre d’affaires net de 43,5 M €, mais Unilever constate que ce chiffre est proche des valeurs de vente sur le marché français pour les segments de produits fabriqués à Gemenos. Il correspond aux prix payés par les consommateurs en magasin pour acheter les produits et n’est absolument pas le chiffre d’affaires d’un industriel auprès de la grande distribution.


2. Un chiffre d'affaires réel gonflé de plus de 70%

Sur des ventes de 43,5 M€ pour 1000 tonnes de production, il faut en effet déduire la TVA payée par les consommateurs sur leurs achats (5,5%) ainsi que les conditions commerciales concédées aux clients distributeurs.

Unilever affirme que si une société commerciale vendait 1 000 tonnes fabriquées sur le site de Gemenos, son chiffre d’affaires net serait de 25,4 M€ environ, en tenant compte des contraintes du marché et de la connaissance de nos clients distributeurs.


3. Des coûts « oubliés » par le cabinet Progexa

Des coûts de production et de fonctionnement « oubliés » par le cabinet Progexa

De ce chiffre d’affaires de 25,4M€, il faudrait ensuite déduire les coûts de production:

- 20 M€(chiffre de 2009) pour les coûts de l’usine de Gemenos : main d’œuvre de 180 personnes, énergies, maintenance et pièces détachées, amortissement des équipements et autres coûts du site.

- 4,6 M€(base 2010) pour les coûts de matières premières correspondants à 1 000t de production.

- 3,6 M€(base 2010) pour les coûts d’emballages correspondants à 1 000t de production.

- 1,5 M€pour les coûts logistiques: transport entre l’usine et l’entrepôt, entreposage et livraisons des clients.

En ne tenant compte que des coûts de production, une telle activité générerait une perte structurelle de 4,3M€.On est loin de la marge nette « de l’ordre de 35% » imaginée par Progexa.

Une fois les produits fabriqués, il faut prendre en compte les coûts de vente

En tant que société indépendante, Fralib devrait assumer des dépenses aujourd’hui entièrement prises en charge par Unilever France :

- Coûts de marketing et de publicité

- Coûts de structure : force de ventes et services commerciaux, achats, comptabilité, frais financiers, informatique, télécommunications, assurances, taxes et impôts (hors impôt sur les sociétés).

Progexa ne donne aucune indication sur le montant de ces coûts et leur impact sur la marge nette. Pour 1000t de production, Unilever estime ces dépenses supplémentaires à entre 5 et 8 M€ par an.


Associé aux coûts de production, Unilever affirme que le projet de Progexa conduirait Fralib à des pertes annuelles comprises entre 9,3 et 12,3 M€ pour 1000t de production, en admettant que l’ensemble de cette production soit vendue sur un marché déjà mature et très compétitif où Unilever a perdu 20% de parts de marché en 6 ans.

Si la société Fralib avait une activité indépendante comme société commerciale vendant à la grande distribution, elle serait fortement déficitaire et son activité ne serait pas viable.

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